Agriculteurs et l'agriculture

En savoir plus sur la production d’œufs

Nous sommes les producteurs qui, d’un océan à l’autre, fournissent tous les jours à votre épicerie locale des œufs frais et de qualité. Notre priorité absolue est de bien prendre soin de nos troupeaux. Il est vrai que notre survie en dépend mais, plus important encore, nous sommes sérieusement dédiés à assurer le bien-être de nos animaux. Nous sommes plus de 1 000 fermes familiales comptant 20 millions de poules et nous sommes situés dans tous les coins du Canada rural. La taille de nos fermes varie. Certains exploitent leurs propres fermes alors que d’autres engagent des travailleurs agricoles pour les aider. Que nos fermes soient grandes, moyennes ou petites, notre objectif est de vous fournir un produit nutritif et peu dispendieux, tout en prenant bien soin de nos animaux et en étant respectueux de l’environnement. La plupart de nous sommes de deuxième ou troisième génération et nous souhaitons faire pour nos enfants ce que nos parents ont fait pour nous : leur laisser une ferme viable et un héritage agricole à même lequel ils pourront bâtir un avenir serein.

Les poules commencent à pondre autour de l’âge de 19 semaines. Jusqu’à ce moment, ce sont des poulettes. Certains font l’élevage de leurs propres poulettes, mais il existe aussi des fermes spécialisées dans l’élevage de poulettes auprès desquelles nous achetons nos oiseaux. Par ailleurs, les éleveurs de poulettes achètent leurs oiseaux de couvoirs où les œufs fertilisés provenant des troupeaux reproducteurs sont incubés soigneusement avant de produire des poussins. Les producteurs d’œufs et les éleveurs de poulettes veillent à la santé et au bien-être de leurs animaux en leur donnant accès à de la moulée nutritive et à de l’eau fraîche, en appliquant des programmes de santé et en veillant à la sécurité et à l’hygiène du milieu d’élevage. Nos programmes de santé incluent l’administration de vaccins qui protègent les poules contre la maladie. Nous voulons tout ce qui a de mieux pour les animaux sous notre garde.

Responsabilités quotidiennes

Sur une ferme de production d’œufs, il y a de nombreuses responsabilités dont il faut s’acquitter. La journée commence au lever du soleil et comme pour les autres Canadiens, le matin est cousu d’une variété de tâches à accomplir y compris la préparation du petit-déjeuner (avec des œufs bien entendu!), la douche, la préparation des dîners pour l’école et ainsi de suite. Plus important encore, nous devons procéder à l’inspection de nos troupeaux.

Heureusement, plusieurs producteurs d’œufs vivent et travaillent sur la même propriété. Il suffit donc d’une courte marche pour se rendre au poulailler. Comme nous ne voulons pas transporter de germes dans les poulaillers, nous devons revêtir une salopette et des bottes et désinfecter le dessous de nos chaussures avant d’y entrer.

Plusieurs d’entre nous avons un système d’éclairage automatisé de sorte que l’intensité de la lumière augmente graduellement au même temps à chaque jour. Lorsque nous entrons dans le poulailler, nous écoutons attentivement les gloussements puisque cela nous donne une bonne idée de l’état général du troupeau. Les gloussements devraient être fréquents et clairs dans tout le poulailler; des gloussements ternes et peu fréquents indiquent que quelque chose ne va pas. Après avoir écouté nos poules, nous procédons à différentes vérifications essentielles pour nous assurer qu’elles reçoivent suffisamment de moulée, d’eau et d’air frais.

Jour après jour, la plupart des producteurs d’œufs portent des vêtements de la même couleur pour entrer dans les poulaillers parce que les poules semblent aimer la familiarité.

Les vérifications que nous menons incluent l’écoute attentive et l’examen visuel de l’équipement d’alimentation et son fonctionnement pour dépister tout problème potentiel. De même, il faut examiner les conduites d’eau et les biberons pour assurer que l’eau coule librement jusqu’aux oiseaux. Nous vérifions l’efficacité du fonctionnement des ventilateurs; le gros de l’équipement de ventilation est automatique. Ainsi, les ventilateurs se règlent seuls selon la température qu’il fait. Nous avons donc la certitude que les poules sont confortables. Certains d’entre nous ont même un système d’alarme relié à leurs résidences et à leurs téléphones cellulaires de sorte qu’ils soient tenus au courant, jour et nuit, de tout problème dans le poulailler.

La température corporelle des poules pondeuses se situe entre 39,8°C et 43,6°C, bien au delà de la température corporelle normale de 37°C chez les humains. Dans les poulaillers bien construits, il n’est pas nécessaire de chauffer davantage, même durant les froides journées d’hiver, à condition qu’il y ait un nombre suffisant de poules dans le poulailler.

Suite à ces vérifications essentielles, il est temps de circuler lentement dans le poulailler afin d’observer les poules. Nous regardons la couleur de leurs crêtes rouges puisque tout pâlissement peut être indicateur d’un problème de santé. Des yeux brillants, bien ouverts, le picotage de la moulée, un plumage propre et beaucoup de gloussements sont tous des signes d’un troupeau en santé. L’inspection des poules se fait plusieurs fois par jour. Tous les signes d’avertissement font l’objet d’un suivi attentif et, si nécessaire, un spécialiste de la santé de la volaille ou un vétérinaire est consulté. Heureusement, ces consultations n’ont lieu que très rarement.

Lorsque nous sommes certains que les poules sont confortables et en santé, nous pouvons passer à la cueillette quotidienne des œufs. Nous nous assurons que la ponte se fait à son rythme habituel et nous ramassons ensuite les œufs à même des courroies automatisées pour les placer sur des plateaux. Ces plateaux sont à leur tour placés sur des palettes, dans des caisses ou sur des plateformes et transportés dans la chambre froide du poulailler.

Les chambres froides des poulaillers sont conçues pour refroidir les œufs lentement jusqu’à une température de 13°C. Le refroidissement trop rapide des œufs fraîchement pondus ou à une température trop basse peut causer de la condensation, ce qui risque de donner lieu à de la moisissure.

À la fin de notre journée de travail, nous calculons le nombre d’œufs pondus et la quantité de moulée consommée. Plusieurs ont de l’équipement informatisé qui capte ces données à même des senseurs situés sur les conduites d’eau, de moulée et les courroies des convoyeurs d’œufs. Si les résultats sont anormaux, nous sommes plus vigilants en soirée et la journée suivante puisque les résultats anormaux peuvent cacher un problème potentiel de santé dans le troupeau.

Une fois notre journée terminée, nous faisons ce que font tous les autres Canadiens : nous préparons le souper, aidons les enfants avec leurs travaux scolaires, servons d’entraîneurs auprès des petites ligues sportives ou participons à une variété d’activités communautaires. Toutefois, avant le coucher, nous visitons le poulailler une dernière fois pour vérifier le troupeau. Peu après, l’intensité de l’éclairage est réduite graduellement et automatiquement pour que les poules puissent se reposer paisiblement. Ces inspections et la cueillette des œufs ont aussi lieu durant le weekend et les autres jours de congé. La production d’œufs est un travail qui se fait sept jours sur sept et pour nous, il n’est pas question qu’il en soit autrement.

Avant d’entrer dans le poulailler, plusieurs producteurs frappent à la porte. Ils le font pour que les poules ne soient pas surprises lorsqu’une personne entre dans le poulailler.

Tâches fréquentes

Toutes les tâches à accomplir sur une ferme de production d’œufs ne le sont pas chaque jour. Certaines se font deux fois par semaine alors que d’autres sont accomplies une fois par mois et d’autres une fois par année.

Parmi les tâches fréquentes, il y a la levée régulière des œufs. Les œufs sont transportés de la chambre froide jusqu’à un poste de classement situé à proximité et enregistré auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Une fois au poste de classement, les classificateurs procèdent au lavage et à l’inspection des œufs. Ils sont ensuite pesés et emballés dans de nouveaux contenants propres avant d’être expédiés dans les magasins de détail et les restaurants locaux.

Un autre exemple de tâche fréquente est l’inspection de l’extérieur du poulailler et de l’entourage. Nous examinons le sol pour y détecter des traces d’animaux ou d’autres signes qui révèlent la présence de prédateurs comme les renards ou les belettes. Si ces signes sont présents, nous prenons des mesures spéciales pour nous assurer que ces prédateurs n’entrent pas dans les poulaillers. Nous examinons alors l’extérieur de la structure pour nous assurer qu’il n’y ait pas de petites ouvertures. Si nous en trouvons, nous les réparons immédiatement pour que les animaux porteurs de maladies comme les souris ou les oiseaux sauvages ne puissent entrer dans le poulailler.

D’autres responsabilités typiques incluent la vérification des génératrices, des systèmes d’alarmes et de l’équipement automatisé et placer les commandes de moulée. Si la moulée est produite à la ferme, elle doit être broyée à même les cultures fourragères. Des échantillons d’eau et de moulée sont prélevés à des fins d’analyse en laboratoire pour déterminer la teneur nutritionnelle ou la présence de germes qui pourraient causer la maladie dans le troupeau. Les poulaillers sont nettoyés régulièrement, l’équipement est réparé au besoin, sans compter la tenue de dossiers et la comptabilité.

Lorsque les camions du classificateur ou de moulée arrivent à la ferme, ils sont dirigés vers un endroit de la ferme auquel l’accès n’est pas restreint. Il s’agit d’un endroit de la ferme à l’écart des poules afin de les protéger contre les germes qui pourraient se retrouver par inadvertance sur les pneus des véhicules ou les gens. La protection des poules et des œufs contre toute maladie potentielle et les pathogènes de source alimentaire est un élément clé de la biosécurité en milieu avicole.

Les poulaillers sont dotés de génératrices de secours pour assurer le fonctionnement de l’équipement d’alimentation, d’abreuvement et de ventilation en supposant une panne de courant.